médecinslogiciels santéDoctolibsouveraineté numériqueIAlibéralhospitalier

Les médecins méritent des outils qui travaillent pour eux

10 février 2025 · Thomas Bozzo

Vous avez fait dix ans d'études pour soigner des patients. Pas pour remplir des formulaires, naviguer entre des interfaces mal conçues, ou passer la moitié de votre consultation les yeux sur un écran plutôt que sur la personne en face de vous.

Et pourtant.

Une étude de la Drees l'a mesuré : les médecins consacrent en moyenne cinq heures et demie par semaine aux tâches administratives. Soit une journée entière de consultation perdue chaque semaine. Pas à cause de la paperasse d'hier, mais à cause des outils numériques censés la remplacer.

Le numérique en santé a tenu une promesse partielle. Mais dans le même mouvement, il a introduit une dépendance nouvelle, souvent plus insidieuse que la contrainte qu'il prétendait résoudre. Et selon que vous exercez à l'hôpital ou en ville, cette dépendance prend des visages très différents.

À l'hôpital : des outils imposés, pas choisis

À l'hôpital, le praticien ne choisit pas ses outils. Il les subit. Les systèmes d'information hospitaliers ont été conçus dans une logique de gestion et de contrôle administratif, pas dans une logique de soin. Les premiers dossiers patients informatisés étaient avant tout des outils de facturation et de traçabilité. L'ergonomie clinique est venue ensuite, en surcouche, quand elle a été faite.

Résultat : des interfaces conçues pour la direction financière que les soignants doivent apprivoiser, des informations difficiles à retrouver, des saisies redondantes entre des briques qui communiquent mal. Le dossier patient numérique existe, mais le naviguer vous coûte du temps de soin chaque jour.

Et personne ne change. Parce que changer de système informatique dans un hôpital prend des années et mobilise des ressources que peu d'établissements peuvent dégager. Les éditeurs historiques le savent. C'est pourquoi leurs interfaces n'ont pas fondamentalement évolué depuis vingt ans, et que leurs tarifs augmentent tous les ans sans que personne ne puisse réellement les contester.

En ville : le mirage de la liberté numérique

La situation du médecin libéral est différente, mais pas meilleure. Vous avez théoriquement le choix de vos outils. En pratique, ce choix se résume souvent à quelques options sur un marché aussi concentré qu'à l'hôpital, où quelques acteurs ont réussi à s'imposer comme des standards de fait.

Pour les généralistes, le logiciel métier historique ressemble souvent à ce qu'on imaginerait si Windows 95 avait fait une carrière médicale. Les outils dominants, pensés à une époque où le cloud n'existait pas, ont certes évolué, mais leur architecture et leur ergonomie trahissent leur âge. On clique sur des interfaces qui n'ont pas été repensées de fond en comble depuis quinze ans, on saisit les mêmes informations à plusieurs endroits, on cherche des fonctionnalités enfouies sous des menus qui n'ont pas changé depuis la présidence Chirac. Ce n'est pas de la caricature : c'est le quotidien de milliers de cabinets.

Pour les spécialistes et les médecins souhaitant se rendre visibles en ligne, une autre réalité s'est imposée : la plateforme dominante de prise de rendez-vous. Au fil des années, elle est devenue tellement incontournable que ne pas y être revient à se rendre invisible pour une partie des patients. Alors on s'abonne.

Le tarif de départ est annoncé comme raisonnable. Ce n'est pas négligeable pour un cabinet, mais c'est gérable. Le problème, c'est ce qui se passe ensuite.

Vous méritez des outils à la hauteur de votre pratique

Nous concevons des solutions numériques pensées pour le soin, pas pour la captation. Parlons de votre quotidien.

Discuter de votre projet →

L'économie des menottes dorées

Les plateformes de prise de rendez-vous ont construit un modèle économique très particulier, qui fonctionne en deux temps.

Premier temps : rendre le service indispensable. Les patients s'y habituent, retrouvent leurs rendez-vous facilement, reçoivent des rappels automatiques. La plateforme capte progressivement la relation entre vous et vos nouveaux patients. C'est commode. C'est même précieux.

Deuxième temps : une fois que partir devient coûteux, les conditions changent. Les tarifs augmentent unilatéralement. Des fonctionnalités autrefois incluses migrent vers un abonnement supérieur. De nouveaux services sont proposés avec une pression douce mais persistante à les adopter. Et si jamais vous décidez de partir, vous réalisez que la plateforme a organisé les choses de manière à ce que vos patients vous retrouvent difficilement ailleurs. Ce n'est pas un accident : c'est le design.

Ce mécanisme a un nom dans le monde du logiciel : les menottes dorées. Et il a un corollaire peu visible mais important : vos données patients, et celles de vos patients, sont hébergées sur des serveurs américains, exposés au Cloud Act, une loi qui autorise les autorités américaines à accéder à n'importe quelle donnée hébergée par une entreprise américaine, où qu'elle se trouve dans le monde, sans que vous en soyez informé. Ce n'est pas une théorie : c'est le cadre juridique dans lequel fonctionnent les grandes plateformes qui hébergent vos données de santé aujourd'hui.

Vous ne payez pas le service qu'on vous rend. Vous payez le coût que vous auriez à supporter pour partir. Et vous payez avec vos données, et celles de vos patients.

Ce qui est en train de changer

La bonne nouvelle, c'est que ce n'est pas une fatalité. Et la rupture vient d'un endroit inattendu.

Les agents IA de code, une nouvelle génération d'outils qui automatisent une grande partie du développement logiciel, permettent aujourd'hui de construire des solutions médicales en quelques semaines, là où il fallait auparavant plusieurs années et des équipes entières. Cette accélération efface la barrière à l'entrée qui protégeait les éditeurs historiques depuis vingt ans.

Concrètement, cela signifie que de nouveaux acteurs peuvent désormais construire des outils conformes à toutes les exigences légales françaises, compatibles d'emblée avec le dossier médical partagé de vos patients et les services de l'Assurance Maladie, hébergés sur des serveurs certifiés par l'État français pour les données de santé, et conçus non pas pour un médecin standard qui n'existe pas, mais pour votre spécialité, vos workflows, votre pratique réelle.

Pour la première fois, la menace de changer d'outil va redevenir crédible. Et cette crédibilité seule change tout : elle force les acteurs installés à justifier leurs tarifs, à faire évoluer leurs interfaces, à écouter leurs utilisateurs plutôt que leurs investisseurs.

Ce que nous faisons chez Ducal

Ducal conçoit des solutions numériques pour les professionnels et les établissements de santé, en partant d'une conviction simple : un outil médical doit d'abord servir le soin, et la pratique de ceux qui le dispensent.

Nos solutions sont souveraines, hébergées en France sur des infrastructures certifiées pour les données de santé, compatibles avec l'ensemble des services numériques nationaux, construites à partir d'une connaissance profonde des métiers de soin, hospitaliers comme libéraux. Pas des outils génériques repeints en blanc, mais des solutions pensées avec vous, pour votre pratique réelle, sans que vos données ni votre relation avec vos patients appartiennent à quelqu'un d'autre.

Et au juste tarif : celui qui reflète ce que la solution coûte réellement à produire et à maintenir, pas celui qui exploite le fait que vous n'avez nulle part où aller.

Parce que le bon outil numérique, c'est celui qui se fait oublier et vous laisse faire ce pour quoi vous avez choisi ce métier.

Vous en avez assez de subir vos outils ?

Nous construisons des solutions numériques pensées pour les médecins, pas contre eux. Prenons 30 minutes pour parler de votre pratique.

Prendre rendez-vous →
Thomas Bozzo

Fondateur — Expert santé numérique

Thomas Bozzo

Plus de 10 ans d'expérience dans le numérique en santé. Spécialiste HDS, FHIR, Article 51 et plateformes d'éducation thérapeutique.

LinkedIn

Articles récents

Un projet de digitalisation santé ?

Parlons-en. Nous vous répondons sous 48h avec une première proposition adaptée à votre contexte.

Nous contacter